Résumé
L’Arabie saoudite est aujourd’hui un pivot du Moyen-Orient. La formation du royaume résulte pourtant d’un processus historique long, marqué par l’alliance entre la dynastie des Saoud et le courant religieux wahhabite, les rivalités tribales et l’affirmation progressive d’un pouvoir central sur la péninsule Arabique. De la fondation du premier État saoudien à Diriyah en 1744 à la proclamation du Royaume d’Arabie Saoudite en 1932, la famille Saoud a patiemment construit sa légitimité politique et religieuse. Au XXᵉ siècle, l’exploitation du pétrole transforme le jeune royaume en puissance régionale, dont l’influence repose aujourd’hui sur un savant équilibre entre héritage religieux, ambitions géopolitiques et modernisation économique.

L’Arabie saoudite est aujourd’hui au cœur des nouvelles reconfigurations régionales du Moyen-Orient. Riyad vise, à travers ses ambitions de puissance et d’influence, à promouvoir une nouvelle face. Cette démarche lui permettrait de satisfaire ses intérêts et d’attirer les investissements étrangers, grâce à une restructuration en profondeur.
Les dirigeants saoudiens ont fait leur la nécessité de s’adapter au monde moderne, et donc de faire le tri dans l’héritage historique du pays. L’État doit planifier et financer des projets de développement durable pour garantir un avenir prospère à sa population, tout en demeurant lié à l’héritage religieux qui a présidé à sa formation.
Car l’Arabie Saoudite ne naît pas en 1932. La création du royaume est l’aboutissement d’un long processus de conquêtes, d’alliances et de rivalités au sein de la péninsule Arabique. En 1744, l’alliance entre Mohammad ben Saoud, fondateur de la dynastie des Saoud, et le prédicateur Mohammad ibn Abdel Wahhab pose les bases du premier État saoudien. Après plusieurs phases d’expansion, de destruction et de reconquête, Abdelaziz Ibn Saoud parvient finalement à unifier une grande partie de la péninsule et proclame le Royaume d’Arabie saoudite en 1932.
L’histoire de l’Arabie saoudite est ainsi indissociable de son héritage religieux, de la construction progressive du pouvoir des Saoud et, au XXᵉ siècle, de la découverte du pétrole qui transforme profondément le royaume et sa place dans les équilibres géopolitiques du Moyen-Orient.
Plan de l’analyse :

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1. Les origines de l’Arabie saoudite : l’islam, le wahhabisme et l’alliance des Saoud
L’Arabie saoudite se situe à la croisée de la modernité et de la tradition, conciliant innovation et préservation de son héritage. Elle constitue avant tout le berceau de l’une des trois religions abrahamiques, l’Islam.

C’est dans cette péninsule arabe que le Prophète Mohammed voit le jour, à la Mecque en 570 Il y vit et y prêche la foi islamique – considérée dans la tradition comme la dernière révélation monothéiste, scellant celle faite à Abraham – avant de s’exiler à Médine, alors Yathrib, capitale de la province du Hedjaz, où il décède en 632. Le drapeau saoudien témoigne de cette centralité religieuse : le vert symbolise l’Islam, le sabre représente la justice et les conquêtes des tribus bédouines de la péninsule, et la Chahada, profession de foi musulmane, affirme l’ancrage spirituel de la nation[1]).
La civilisation islamique fait partie intégrante de l’identité saoudienne moderne. Les califes Rashidoun, qui succédèrent au Prophète, prêchèrent ensuite la conversion des peuples tantôt par la parole, tantôt par l’épée, elle est alors le fruit de plusieurs siècles d’évolutions sociales, politiques et religieuses. Les conquêtes arabes, initiées au VIIᵉ siècle, s’étendirent depuis la péninsule Arabique vers l’ouest jusqu’à l’Andalousie, en traversant l’Afrique du Nord, et vers l’est jusqu’à l’Asie centrale, incluant le Caucase, la Perse et l’Inde.

Quand l’Islam apparut, trois branches se distinguèrent. – Le sunnisme qui se base essentiellement sur les traditions liées au Prophète (la sunna) ainsi que les paroles ou citations du Prophète (les hadiths), et qui lui-même se divise en plusieurs écoles juridiques : le Hanafisme (approche pragmatique avec le recours à l’opinion personnelle au service du moindre mal), le Malékisme (approche de la cohésion morale qui assure l’intérêt général, tout en acceptant les coutumes locales), le Chaféisme (approche analogique entre les deux écoles précédentes) et le Hanbalisme (approche dogmatique et rigoriste, rejetant la relative souplesse des trois autres écoles)[2].
– Le chiisme qui se base sur la légitimité familiale, prenant en compte que le quatrième successeur au Prophète, Ali Ibn Abi Taleb, était à la fois le cousin et le gendre de Mohamed, et par conséquent, les chiites sont les partisans fidèles à Ali. – Le kharidjisme qui se distingue des deux autres branches, ne voulant pas prendre parti dans le schisme entre sunnites et chiites, en étant le courant « sortant » et se basant sur le puritanisme et l’irréprochabilité du croyant. L’Arabie saoudite fut imprégnée de l’Islam sunnite et particulièrement d’une branche naissante du Hanbalisme au XVIIIᵉ siècle, le Wahhabisme, lequel jouera un rôle important dans sa configuration étatique, religieuse et politique, par le biais d’un accord historique entre Mohammad Abdel Wahhab, fondateur du wahhabisme et Mohammad Ibn Saoud, aïeul de la famille royale de l’actuelle nation saoudienne.

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2. Des premiers États saoudiens à la conquête d’Ibn Saoud
La dynastie des Saoud, originaire du Najd, région centrale de l’Arabie saoudite dont Riyad est la capitale, s’affirme dès le XVIIIᵉ siècle lorsque son chef, Mohammad ben Saoud, conclut en 1744 une alliance avec le prédicateur rigoriste Mohammad ibn Abdel Wahhab, fondateur de l’école islamique wahhabite, branche la plus stricte et dogmatique de l’école juridique hanbalite. Né en 1703 à Ounayna, dans le Najd, Mohammad ibn Abdel Wahhab est le fils d’un juge de loi hanbalite appartenant à la tribu sédentaire des Bani Tamim. Chassé de son village natal en raison de ses positions doctrinales jugées déviantes au sein de l’Islam sunnite, il ambitionne de « purifier » la religion en la ramenant aux pratiques originelles des Salaf, les premières générations de musulmans ayant connu la fondation de l’Islam[3], au grand dam des oulémas locaux qui rejettent sa doctrine (la considérant comme une branche n’appartenant pas à la Sunna ni au Consensus puisque les pratiques et les normes dénoncées par Abdel Wahhab faisaient partie intégrante de l’islam sunnite).
En s’imposant sur les tribus de la région grâce à une alliance entre force militaire et stratégie politique, les Saoud établissent un premier royaume, centré sur le plateau du Najd, l’émirat de Diriya. Historiquement, la péninsule Arabique et ses différentes régions n’ont jamais été wahhabites : le Hedjaz, notamment, a toujours été marqué par l’école juridique chaféite, fondée entre le VIIIᵉ et le IXᵉ siècle, ainsi que par les traditions soufies, porteuses de sagesse et de dimension spirituelle de l’Islam sunnite, célébrées à la grande mosquée de La Mecque depuis sa fondation au VIIᵉ siècle[4]. Ce premier État saoudien s’est ainsi profondément imprégné des doctrines du Wahhabisme.
Un des principes centraux qui en découle est la qualité unique de Dieu qui fait que toute association d’êtres ou d’objets au Principe Divin est considérée comme une forme de polythéisme. Ainsi, Mohammed Abdel Wahhab s’est dressé avec véhémence contre les rites de sépulture et surtout contre le culte des saints, détruisant lui-même la tombe d’un compagnon du Prophète et frère de Omar, second Calife des Rashidoun, Zayed Ibn Al Khattab[5], lieu profondément vénéré par les membres de sa propre tribu. Après avoir été exilé et chassé par les autorités tribales locales, il se rend alors dans la ville de Diriya avec ses premiers disciples, où il pactise avec le chef de la tribu des Saoud, Mohammad Ibn Saoud, pour fonder avec lui le Grand Emirat saoudien de Diriya, en échange de sa protection personnelle et de la levée d’une armée pour soutenir le jihad qu’il mène sans pitié contre ceux, Abdel Wahhab, qui s’opposent à ses doctrines et réformes. Il prêche également la prédominance politique de Mohammad Ibn Saoud[6], promettant à ce dernier, en échange de son soutien, son arrivée au pouvoir sur tout le territoire de la Péninsule. Cette alliance entre les deux familles se poursuit de nos jours, le pouvoir religieux et les actes de la Sharia qui gèrent tous les aspects juridiques privés comme publics en Arabie sont confiés aux descendants de Mohammad Abdel Wahhab tandis que le pouvoir politique est aux mains des Saoud.
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3. La fondation du royaume d’Arabie saoudite et son affirmation comme puissance régionale
Plusieurs tentatives de création d’États saoudiens, depuis le XVIIIᵉ siècle jusqu’au début du XXᵉ siècle, se soldèrent par des échecs successifs, de facteurs internes comme les luttes entre les multiples tribus arabes pour le contrôle du territoire de la Péninsule Arabique, ou externes comme le rôle de l’Empire ottoman et l’extension de son influence. Entre 1773 et 1801, l’alliance Saoud-Wahhab conquiert Riyad (1773) et unit les tribus du Najd. Le 20 avril 1801, les troupes saoudo-wahhabites attaquent la ville sainte de Karbala en Irak et détruisent le Mausolée de Hussein[7], fils du dernier Calife Rashidoun Ali Ben Abi Taleb. Selon un chroniqueur wahhabite Uthman ben Abd ben Bishr : « Les musulmans (Wahhabites) ont escaladé les murs, sont entrés dans la ville […] et ont tué la majorité de ses habitants dans les marchés et dans leurs maisons. [Ils] ont détruit le dôme placé sur la tombe de Al-Hussein [et ont pris] tout ce qu’ils ont trouvé à l’intérieur du dôme et ses environs […] la grille entourant le tombeau qui était incrusté d’émeraudes, de rubis et d’autres bijoux […] toutes sortes de biens, des armes, des vêtements, des tapis, de l’or, de l’argent, de précieux exemplaires du Coran »[8]. Le traumatisme consacre la rivalité qui oppose les deux principales branches de l’Islam depuis la première bataille de Karbala en 680, le sunnisme et le chiisme.
Entre 1801 et 1806, le djihad mené par l’alliance Saoud-Wahhab permet aux saoudiens de s’emparer des deux villes saintes, la Mecque et Médine au détriment de l’occupant ottoman. C’en est trop pour la Sublime Porte qui ordonne au Pacha d’Égypte Mohammed Ali Pacha de rétablir l’autorité de l’Empire sur le Hedjaz. La ville natale des Saoud, Diriya, tombe en 1818[9]. Bien que la défaite des Saoud les ait grandement affaiblis, ils restaurèrent un nouvel émirat Wahhabite à Riyad en 1843, mais furent expulsés au Koweït en 1891 par le clan rival qui domine l’émirat du Haïl, les Al-Rachid, soutenus par les Ottomans ; cela n’empêchera pas les Saoud de reconquérir le territoire de Riyad en 1902[10] et de réaffermir leur position.

Le début de XXᵉ siècle est une période de l’histoire qui sera cruciale pour la fondation de l’Arabie saoudite actuelle. En effet Abdelaziz Ibn Saoud commence la lutte avec une poignée de fidèles bédouins dès 1902. Il reprend Riyad aux Al Rachid puis l’oasis de Burayda au nord du Najd en 1904. Il s’impose comme le chef incontournable du clan saoudien soutenu par les tribus bédouines organisées en « fratries », les Ikhwan, avec lesquelles il reconquiert le Najd jusqu’à la région chiite du Hasa en 1913. Il est alors reconnu par les Ottomans qui le nomment gouverneur (Wali) du Nedjd en 1914[12].
La Première Guerre mondiale fut l’évènement moteur d’une reconfiguration géographique et politique du Moyen-Orient, prenant en compte la Révolte arabe du Cherif Hussein ben Ali (Juin 1916-octobre 1918) qui se soulève avec ses tribus du Hedjaz contre les Ottomans, suite aux fameuses dix lettres échangées de juillet 1915 à janvier 1916 entre le Cherif de la Mecque Hussein bin Ali et le lieutenant-colonel Sir Henry Mac-Mahon, Haut-Commissaire britannique en Égypte, garantissant la création d’un grand Etat arabe s’étendant d’Alep en Syrie jusqu’à Aden au Yémen ; tout cela encouragé par la Grande-Bretagne qui envoie le Colonel Thomas Edward Lawrence sur le terrain. Ces promesses ne furent pas tenues par Londres, qui en parallèle avait négocié les Accords (secrets) de Sykes Picot du 16 mai 1916[13], prévoyant un découpage de l’ensemble de la région arabe et proche orientale au lendemain de la victoire attendue de Paris et de Londres contre la Triple Alliance (Empire Austro-Hongrois, Allemagne, Empire ottoman), en protectorats français et britanniques. En parallèle, Abdelaziz Ibn Saoud ne participe pas à la Révolte arabe et opte pour la neutralité à la suite de l’intervention de Sir Percy Cox, représentant la Grande-Bretagne, qui lui dépêche l’agent britannique Harry Saint John Philby[14], porteur de « cadeaux », à savoir des mitrailleuses, fusils, munitions et tentes, pour le convaincre de se tourner contre son vieil ennemi et rival l’Emir Al Rashid du Hail toujours allié de la Sublime Porte, lui promettant une reconnaissance de son statut d’égal du Cherif Hussein pour la région du Najd.
Après la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, Abdelaziz Ibn Saoud reprend l’initiative de sa lutte pour le pouvoir et ses conquêtes s’enchaînent. En 1921, il attaque et prend l’oasis du Haïl, fief de son rival Al Rachid. Il prend alors le titre de Sultan du Najd. Après la prise de la ville de Taëf en septembre 1924, le chérif Hussein fuit la Mecque et se réfugie à Djeddah. Les Anglais l’extradèrent alors en bateau jusqu’à Chypre, signant sa défaite et son exil et laissant la voie libre à Ibn Saoud qui, avec l’appui de ses tribus bédouines alliées, les Ikhwan, écrase les derniers fidèles d’Ali Ben Hussein, fils du Cherif Hussein, lors de la seconde bataille de la Mecque le 5 décembre 1924. Le dernier roi hachémite du Hedjaz, frère d’Abdallah 1er de Transjordanie et de Fayçal Ier d’Irak, s’exile alors à Bagdad. Ibn Saoud poursuit son avancée et prend Médine et Djeddah en 1925. Le 2 novembre 1925, son autorité sur le Najd et le Hedjaz est reconnue de facto par les Britanniques qui signent avec lui le traité de Hadda qui vise à protéger les frontières de la nouvelle Transjordanie. Le Royaume Uni reconnait le nouveau Royaume du Najd et du Hedjaz le 20 mai 1927 en signant le traité de Djeddah par lequel le nouveau roi s’engage à respecter les frontières des nouveaux territoires arabes sous protectorat anglais, au grand dam de ses alliés bédouins, les Ikhwan. Il se retourne contre eux et ces derniers sont écrasés militairement en mars 1929 grâce à l’appui de l’aviation britannique à la bataille d’As-Sabilah. Le Royaume d’Arabie saoudite est fondé officiellement le 23 septembre 1932, scellant l’union des provinces du Najd et du Hedjaz.

La nation saoudienne finira par prendre forme en 1932, par le biais d’une alliance anglo-américaine. Le 14 février 1945, Franklin D. Roosevelt rencontre le roi Abdelaziz Ibn Saoud à bord de l’USS Quincy, en Égypte. La rencontre intervient alors que les États-Unis s’intéressent de plus en plus aux ressources pétrolières du royaume, dont l’exploitation a débuté quelques années plus tôt avec la compagnie américaine Aramco. Cette entrevue est devenue célèbre sous le nom de « pacte du Quincy », souvent résumé par la formule « pétrole contre protection américaine ». Il ne s’agit pourtant pas d’un traité formel. La rencontre marque plutôt le début d’une relation stratégique durable entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Pour Ibn Saoud, cette relation avec Washington constitue un moyen supplémentaire de consolider son jeune royaume. Pour les États-Unis, l’Arabie saoudite devient progressivement un partenaire privilégié dans la région.
L’histoire de l’Arabie saoudite contemporaine débute ainsi comme puissance pétrolière, et elle usera de cette force pour atteindre ses objectifs. L’Islam sera utilisé comme outil politico-religieux par la famille Saoud afin de préserver son contrôle et son pouvoir sur ce vaste territoire de l’Arabie, même au prix de l’isolement de la société vis-à-vis de toute forme d’occidentalisation et de progrès, surtout après la révolution islamique en Iran en 1979, évènement qui bouleversera le Moyen-Orient par un retour strict aux dogmes religieux et un renfermement sur soi.
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Conclusion : un royaume entre tradition et modernité
De l’alliance conclue à Diriya en 1744 entre les Saoud et Mohammed ibn Abdel Wahhab à la fondation du Royaume d’Arabie saoudite en 1932, la famille Saoud aura mis près de deux siècles à imposer son autorité sur la péninsule Arabique.
La découverte du pétrole transformera ensuite le jeune royaume en puissance régionale du Moyen-Orient. Aujourd’hui, sous l’impulsion de Mohammed ben Salmane, l’Arabie saoudite cherche à moderniser son économie et à renforcer son influence, tout en restant profondément marquée par son héritage religieux et dynastique.
L’histoire des Saoud constitue ainsi la clé de compréhension des ambitions actuelles de Riyad sur la scène internationale.
Article écrit par Youssef-Charbel Akl.
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SOURCES :
[1] « أشهد أن لا اله الا الله، ومحمد رسول الله » (J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu, et que Mohamed est son Prophète).
[2] Jean-Pierre Filiu, Histoire du Moyen-Orient de 395 à nos jours, [1ère éd. 2021], Paris, éditions du Seuil, coll. « Points Histoire », 2ème édition 2023, 518 pages pp ;85-89
[3] Hamid Algar, Wahhabism : A Critical Essay, Oneonta, New York, Islamic Publications International, 2002, 98 pages, pp.5-10
[4] Louis Blin, L’Arabie saoudite : De l’Or Noir à la Mer Rouge, Paris, éditions Eyrolles, coll. « IRIS », 2021, 190 pages, p.21
[5] Ibid. p.18
[6] Ibid. pp. 19-20
[7] Hussein, fils d’Ali, fut tué le 10 octobre 680 lors de la bataille de Karbala, bataille qui mobilisera les chiites fidèles à Ali contre l’empire Omeyyade. Les troupes chiites furent massacrées et sa tête fut portée en trophée jusqu’à Damas. Les chiites vaincus s’en remettent à la vengeance divine que le Mahdi (le « bien guidé ») exercera à l’encontre des Omeyyades
[8] Hamid Algar, Wahhabism : A Critical Essay, op.cit, pp. 24-25
[9] Jean-Pierre Filiu, Histoire du Moyen-Orient de 395 à nos jours, op.cit., p. 279-281
[10] Ibid. p. 313
[11] « Le Moyen-Orient de 1798 à 1810 », 2021, Jean Pierre Filiu, pp.288-289
[12] Ibid. p. 333
[13] Les accords de Sykes-Picot furent signés dans l’optique de créer des zones d’influences en Orient entre les Français (le Liban, la Syrie) et les Britanniques (l’Irak, la Transjordanie et la Palestine)
[14] Yves Brillet, « Les missions de Saint John Philby Auprès d’Ibn Saoud : janvier 1917-octobre 1918 (3/4) », Les Clés du Moyen Orient, 26/12/2017, [en ligne], consulté le 15/02/2024, Disponible à l’adresse : https://www.lesclesdumoyenorient.com/Les-missions-de-St-John-Philby-aupres-d-Ibn-Saoud-janvier-1917-octobre-1918-3-4.html
[15] « La formation de l’Arabie saoudite (1902-1932) », 2021, Jean Pierre Filiu, pp.288-289
FAQ
Quand l’Arabie saoudite a-t-elle été créée ?
L’Arabie saoudite est officiellement créée le 23 septembre 1932 par Abdelaziz Ibn Saoud. Cette proclamation achève plusieurs décennies de conquêtes et d’unification de la péninsule Arabique. Elle constitue le troisième État saoudien, après ceux fondés respectivement au XVIIIᵉ puis au XIXᵉ siècle.
Qui a fondé l’Arabie saoudite ?
L’Arabie saoudite moderne a été fondée par Abdelaziz Ibn Saoud. Après avoir repris Riyad en 1902, il entreprend la conquête progressive du Najd, de l’Ahsa et du Hedjaz. Il contrôle finalement une grande partie de la péninsule et proclame le royaume d’Arabie saoudite en 1932.
Pourquoi l’Arabie saoudite s’appelle-t-elle ainsi ?
Le nom Arabie saoudite vient de la dynastie des Al Saoud, qui dirige le royaume depuis sa création. « Saoudite » signifie donc littéralement que le territoire est placé sous l’autorité de la famille Saoud. Le royaume prend officiellement ce nom lors de son unification en 1932.
Quel est le lien entre l’Arabie saoudite et le wahhabisme ?
L’histoire de l’Arabie saoudite est étroitement liée au wahhabisme, courant religieux associé à Muhammad ibn Abd al-Wahhab. En 1744, celui-ci conclut une alliance avec Muhammad ibn Saoud, émir de Diriyah. Cette alliance entre pouvoir politique et réforme religieuse favorise l’expansion de la dynastie des Saoud et devient l’un des fondements historiques du futur royaume.
Qu’est-ce que le premier État saoudien ?
Le premier État saoudien est fondé autour de Diriyah en 1744, après l’alliance entre Muhammad ibn Saoud et Muhammad ibn Abd al-Wahhab. Il s’étend progressivement sur une grande partie de la péninsule Arabique. Son expansion prend fin en 1818 lorsque les forces égyptiennes agissant pour l’Empire ottoman détruisent Diriyah.
Combien y a-t-il eu d’États saoudiens ?
L’histoire de la dynastie des Saoud est généralement divisée en trois États saoudiens : le premier État, de 1744 à 1818 ; le deuxième, fondé en 1824 et disparu en 1891 ; puis le royaume moderne, créé en 1932 après les conquêtes d’Ibn Saoud.
Quand Ibn Saoud a-t-il repris Riyad ?
Ibn Saoud reprend Riyad en 1902, alors que sa famille vit en exil au Koweït. Cette victoire constitue le point de départ de la reconquête saoudienne. À partir de Riyad, Ibn Saoud étend progressivement son pouvoir sur le Najd puis sur les autres grandes régions de la péninsule Arabique.
Comment l’Arabie saoudite a-t-elle été unifiée ?
L’unification de l’Arabie saoudite résulte de plusieurs décennies de conquêtes militaires, d’alliances tribales et de négociations politiques. Après la prise de Riyad en 1902, Ibn Saoud conquiert progressivement le Najd, l’Ahsa et le Hedjaz. Il proclame finalement le royaume d’Arabie saoudite le 23 septembre 1932.
Quand Ibn Saoud a-t-il conquis La Mecque et Médine ?
Ibn Saoud conquiert le Hedjaz entre 1924 et 1925. La Mecque tombe en 1924, puis Médine en 1925. Cette conquête est déterminante pour la construction du royaume, puisqu’elle place sous l’autorité des Saoud les deux principales villes saintes de l’islam.
Quel rôle le pétrole a-t-il joué dans la création de l’Arabie saoudite ?
Le pétrole n’est pas à l’origine de la création de l’Arabie saoudite : le royaume est proclamé en 1932, avant la découverte des grands gisements exploitables. La découverte de pétrole à Dammam en 1938 transforme toutefois profondément le pays. Les revenus pétroliers permettent ensuite de financer la modernisation de l’État et contribuent à faire de l’Arabie saoudite une puissance régionale majeure.